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27jan/120

Playlist Spotify : Therapy?

Avant d'entamer les premières chroniques de l'année, voici une nouvelle playlist Spotify, cette fois dédiée à un seul groupe, actif depuis maintenant vingt-trois et qui n'a jamais sorti de mauvais album tout en évoluant/changeant de style quasiment à chaque fois : Therapy?

Leur treizième album, A Brief Crack of Light sort chez Blast Records le 6 février, et est précédé par le single Living in the Shadow of the Terrible Thing, qui occupe la vingt-sixième et dernière place de la playlist qui reprend les points forts de toute la carrière des nord-irlandais, de leurs débuts rave-metal (Innocent X, Nausea) au succès commercial (Stories, Diane, Screamager) avant l'expérimentation diverse et variée, sur chaque album, en fait.

Therapy? aura aussi usé quelques labels (et, heureusement, pas le contraire), ce qui fait que deux albums (et non des moindres) manquent à l'appel de Spotify. J'ai remplacé des morceaux choisis de Semi-Detached et de Suicide Pact - You First (pas assez, hélas) par des versions live présentes sur les albums Music Through a Cheap Transistor - The BBC Sessions et We're Here To the End.

26 morceaux, donc, et une sélection très subjective et assez rapide, j'aurais pu sans trop de problème en changer les deux tiers sans perdre en qualité.

Une dernière remarque : les albums de Therapy? se retrouvent, sur Spotify, chez Therapy et Therapy? Pas facile de s'y retrouver, sans compter que chez Therapy, on retrouve des tonnes de pistes new age à deux balles. Mais bon, on prend Spotify tel qu'il est.

Playlist : Music Box vs Spotify : Therapy? (2012)

PS : vous pouvez trouver d'autres playlists Spotify sur le profil de Music Box : des playlists similaires consacrées aux Manic Street Preachers et aux Foo Fighters, ainsi que des playlists trimestrielles pour 2010 et 2011.

30mar/090

Therapy? – Crooked Timber

Il y a très peu de groupes qui font une carrière sans faute. On finit toujours par se ramollir (au mieux), par tenter de se réinventer (Radiohead étant l'exception confirmant la triste règle) ou pire, par devenir totalement inutile et embarrassant (chaussures compensées + grosses lunettes, guitariste à bonnet? Eux.). Le douzième album de Therapy? est un de leurs tous meilleurs, tout en étant, comme souvent, différent de ce qu'ils ont fait auparavant.

Therapy? est un de mes groupes préférés, que je suis depuis pas mal d'années, et qui ne m'ont jamais vraiment déçu. Cependant, les deux derniers albums (Never Apologize Never Explain et One Cure Fits All), tout en étant largement décents, n'apportaient que peu au canon des irlandais. Trois ans après, il fallait sans doute se réinventer, et c'est ce que le groupe a fait, notamment en invitant Andy Gill à la production. Gill, influence majeure de pas mal de monde s'inspirant de son groupe Gang Of Four, a réussi à insuffler une nouvelle dynamique à Therapy? Le groupe sonne très soudé, avec une mention très spéciale à la basse de Michael McKeegan. C'est simple : la basse est l'instrument majeur d'un album à la rythmique aussi impeccable que dévastatrice.

On le remarque d'entrée de jeu avec The Head That Tried To Strangle Itself, ou la dynamique (oui, je me répète) du power trio est poussée à son maximum. Therapy? n'a jamais semblé aussi tight depuis le départ de Martin McCarrick. Il faut donc souligner la place du batteur Neil Cooper : non seulement il rappelle parfois Fyfe Ewing, le légendaire premier cogneur de fûts du groupe, mais il complète McKeegan à la perfection. Reste le dernier membre, Andy Cairns, dont la guitare est donc fatalement parfois en retrait. Ce qui ne l'empêche pas d'envoyer des riffs dantesques et une guitare rythmique idéale. Enfin, Cairns profite du caractère novateur des structures des nouveaux morceaux pour tenter quelques nouvelles choses avec sa voix. Certains diront qu'il chante enfin, je dirai simplement qu'il évolue...

Après le morceau d'intro, suivent carrément deux des meilleurs morceaux jamais enregistrés par T?. Enjoy The Struggle possède une rythmique totalement inouïe alors que Clowns Galore rappelle carrément leurs débuts, et Teethgrinder. Peut-être même en mieux, c'est dire. Cairns est rageur, expédie des solos courts limite industriels, et T?, au risque de me répéter, n'a plus sonné comme ça depuis quelques années. Mais Crooked Timber est assez varié, malgré l'approche bassique (oui, j'ai fait mieux) de l'album : Exiles est étrangement atmosphérique, comme si T? se retrouve signé par Factory Records il y a 25 ans, alors que Crooked Timber commence par une intro au glockenspiel ultramélodique, avant que la basse de McKeegan ne balaye littéralement tout ce qui passe.

On se s'ennuie pas : I Told You I Was Ill pastiche leur tout premier album en ce qui concerne le son de la batterie, pendant que Cairns joue son crooner sur un accord des Ramones. Wow quoi. Somnanbulist et Blacken The Page ramènent un peu le groupe vers leurs influences punk (mais c'est pas Shameless non plus). En fait, c'est tellement varié que s'il n'y avait pas la voix de Cairns, on se demanderait pendant tout l'album de qui il s'agit, surtout avec le morceau suivant. Magic Mountain est 1) un instrumental de dix minutes 2) le truc le plus étrange jamais sorti par T? 3) un morceau qui ne leur ressemble pas 4) un morceau qui ne ressemble à personne d'autre. Parfois un peu répétitif, mais l'intention était là. Enfin, Bad Excuse for Daylight amène un peu de mélodie sur une couche grasse de basse, et clôture un album qui demande qu'on le réécoute immédiatement.

Mon album préféré de 2009 jusque maintenant. Et en plus, il sort en vinyl.

14août/070

Therapy? – Music Through A Cheap Transistor : The BBC Sessions

Malgré onze albums, quelques tubes alternatifs et des années de tournées incessantes, Therapy? n'aura jamais réussi à obtenir le succès ou le repect qu'ils méritent. Ces dernières années, ils se sont fait jeter deux fois de leur maison de disques, et ont de plus en plus de mal à financer leurs tournées, heureusement toujours réussies. C'est donc assez logiquement qu'ils tentent de diminuer leurs frais : cette compilation de sessions radio est tout d'abord sortie via téléchargement internet en février, avant d'atterir maintenant en version physique. Qu'on pense ce qu'on veut du groupe et de ses récents albums, cette compilation est irréprochable. Enfin si : pour des raisons de droits et de conflits entre labels, elle ne couvre que la période 91-98, omettant donc les huit dernières années du groupe.

Comme le titre l'indique, elle reprend l'intégralité des sessions BBC, ce qui signifie donc son irréprochable et petite pensée pour John Peel, un des premiers à supporter le groupe, dès leurs débuts, en Irlande du Nord. Dès le début, on est soufflé par la puissance des premiers morceaux : ils étaient nettement plus trash à leurs débuts, comme le prouve une version énorme d'Innocent X et de Meat Abstract, reliés par un break de batterie époustouflant de Fyfe Ewing. L'année suivante, ils ajouteront à la violence pure de leurs morceaux une composante mélodique qui ne va que s'amplifier avec le temps : Teethgrinder le prouve, même s'il semble sortir tout droit d'un Kill Em All enregistré par des bons musiciens. Étrangement, le groupe aura joué assez peu de hits lors des sessions : pas de Stories, de Nowhere ou de Diane, mais des versions affolantes de Knives, Screamager, Church Of Noise ou Trigger Inside et son riff straight from hell. De plus, nombre de raretés voire d'inédits se retrouvent sur la compile, comme l'instrumental final et chaotique High Noon.

Fantastique témoignage d'un groupe trop souvent méconnu, cette compilation laisse espérer une suite, et surtout un successeur studio à One Cure Fits All. Entre temps, Therapy? reste d'une puissance monstrueuse sur scène, leur terrain de jeu, leur église.
7mar/070

Therapy? – Troublegum (1994)

folderPour des raison parfois difficiles à comprendre, certains groupes connaissent un succès important dans certains pays, et pas dans d'autres. C'est, ou du moins c'était, le cas de Therapy?, groupe nord-irlandais qui a connu, entre les années 94-98 un grand succès en Belgique, qui s'est confirmé par un beau paquet d'apparitions en festival, et en concert au quatre coins du pays (et pas seulement aux typiques Werchter/Pukkelpop/Bruxelles).

Le succès commercial commença avec cet album, leur second album complet. Par chance, il sortit en même temps que la fin de la vague grunge, ce qui poussa les média à les voir comme sauveurs du rock et trucs de genre, ce qui peut toujours être utile pour vendre des disques. Le single majeur de Troublegum, Screamager, sortit un an plus tôt (Shortsharpshock EP) et se retrouve carrément dans le top 10 anglais. L'album connut aussi un grand succès, notamment grâce aux autres singles, Nowhere, Turn, Die Laughing et Isolation.

Tout cela est très bien, mais que vaut l'album? Et bien, il est très bon. Alliant le mal-être de la période grunge à des riffs punk rock, le tout emmené par une section rythmique assez exceptionnelle, la musique de Troublegum pouvait atteindre un maximum de personnes aux oreilles pas trop bouchées. Les morceaux sont accrocheurs (oserais-je dire pop?) tout comme la voix d'Andy Cairns (le type le plus sympathique du rock). Mais la puissance, et parfois la violence ne sont pas négligées, tout au long de quatorze morceaux d'apparence assez simples (Cairns était à l'époque le seul guitariste) mais marquants. Knives, par exemple, compresse en moins de deux minutes la puissance de Black Sabbath qui se fait bastonner par Bad Brains, alors que les singles déjà cités sont un mélange parfait entre mainstream radio (enfin, pour 1994, 13 ans après les choses ont hélas changé) et rock n roll. D'autres tracks, comme Hellbelly ou Stop It You're Killing Me apportent leur lot de riffing frénétique, et l'excellente reprise de Joy Division (Isolation) confirme les thèmes omniprésents : la solitude, le désespoir, le manque de confiance, voire la folie.

Vers la fin de l'album, Unrequited ajoute quelques accords de violon, qui seront longtemps présents dans la vie du groupe, grâce à Martin McCarrick, qui deviendra plus tard leur second guitariste. Car Therapy?, en 18 ans de carrière toujours en cours, n'aura jamais fait deux fois le même album. Troublegum n'est sans doute d'ailleurs même pas leur meilleur. Le succès commercial durera encore un album, Infernal Love, leur plus commercial (avec les singles Diane et Stories), avant que le très troublé Semi-Detached leur fasse vivre un No Code.

Remplis sous: Retro Aucun commentaire
27juil/060

Therapy? – One Cure Fits All

Et de onze pour Therapy?. Ils n'ont évidemment plus rien à prouver depuis longtemps, ayant connu la gloire, puis la descente avant de se stabiliser maintenant avec une fanbase stable, et des album qui continuent à être très bons et variés.
Ceci dit, depuis le précédent album, Never Apologize Never Explain, on peut remarquer que le groupe revient à des sonorités plus heavy, assez grunge même, et One Cure Fits All assure à ce niveau, ceci dès le premier morceau (Sprung) et son riff infernal. Les morceaux ne perdent pas leur temps, et sont très straight to the point, sans trop de compromis. On regrettera juste peut-être que le groupe n'aura pas pris autant de risques que d'habitude avec cet album, qui, dans le classement de leurs meilleurs, se retrouvera sans doute dans la seconde moitié.

Le plus important finalement, est que Therapy? croit toujours en ce qu'ils font, contrairement à d'anciennes vieilles gloires du rock qui auraient mieux fait de raccrocher leurs guitares il y a bien longtemps. Andy Cairns continue à exprimer sa vision du monde via des paroles parfois sombres, mais toujours recherchées, alors que musicalement, on reste dans le très bon, puissant et très bien exécuté (notamment dans le jeu de batterie de Neil Cooper).

Une fois de plus, et c'est quand même assez rare, vivement le prochain.

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